mardi 4 mars 2008

PRIS DANS LA VAGUE DE FROID, NOUS SOMMES DEVENUS CELEBRES

Vous avez sûrement entendu parler de la grande vague de froid qui a surpris le Sud Est de la Chine... Et bien nous étions en plein dedans !

Apres s'être battus comme des acharnés pour obtenir des billets de train à la gare de Kunming (nous n'avions pas encore entendu parler de la vague de froid), nous nous sommes engouffrés de plein pieds dans une zone touchée par les intempéries. A la base, nous devions atteindre la gare de Guyang puis ensuite prendre un bus vers la ville de Kaili pour partir à la découverte de la « Contrée des Dongs » et de la culture Miao (nom d'une minorité du Guizhou). Ensuite, nous avions prévu de reprendre un train pour gagner le magnifique parc naturel de Zhangjiajie, d'où un avion (un des rare que nous avions réservé à l'avance) nous attendait pour rejoindre Pékin... Rien ne s'est passé comme prévu.

Tout d'abord, à la gare de Guyang, on a bien vu qu'il y avait un truc qui déconnait... du verglas partout, des queues interminables à la gare et surtout, pas de bus à destination de Kaili... On s'acharne un peu (pas question de rester ici) et on tombe sur un vendeur sur le trottoir qui propose des places dans un bus en nous parlant tout bas comme s'il nous vendait de la drogue...

Après quelques heures de route, nous voyons la situation s'aggraver : le verglas fait place à la neige, les arbustes sont emprisonnés sous une couche de glace de plusieurs centimètres et surtout, les passagers ont l'air aussi étonnés que nous... c'est là que nous avons compris que le froid était exceptionnel.

C'est ensuite que ça s'est corsé : le bus ne nous a pas du tout amené à Kaili, mais nous a jeté au péage, à 15 km de la ville (nous avons appris par la suite que malgré le bon nombre de voitures qui circulaient, la route Guyang-Kaili était fermée et que les bus n'avaient absolument pas le droit de rouler... en nous lâchant avant le péage, le chauffeur s'est évité une lourde amende). Alors voilà, pour vous exposer la situation, nous nous retrouvons au milieu de nulle part, pris dans un froid glacial, à marcher vers une ville que nous espérons être Kaili, avec nos énormes sacs, pour une distance que nous ne connaissons pas, tout en faisant attention à ne pas se vautrer sur une plaque de verglas... désespoir !

C'est alors qu'une bagnole de flics, postée derrière le péage, nous arrête... Moment de doute : serions-nous dans une zone qui nécessite un permis pour les étrangers??? Ces flics nous parlent en chinois... comme d'habitude, on ne comprend rien... ils insistent pour que nous montions dans leur voiture (va-t-on carrément finir au poste ?)... en même temps, ils sortent un énorme appareil photo, nous shoote (Yves avait enlevé sa capuche et faisait de grands sourires à l'objectif... mois, je faisais carrément la gueule)... et puis on fini par comprendre qu'ils vont en fait nous emmener jusqu'à un hôtel, pour nous éviter de marcher dans la glace... Le lendemain, nous serons à la Une du journal local avec comme titre « Deux jeunes français secourus par la police »! Apparemment, on ne parlait que de nous à Kaili !

Sinon, que dire de cette vague de froid : nous avons été complètement coincés dans un hôtel classe qui avait le chauffage et l'eau chaude (un des rare de la ville qui n'a eu ni coupure de courant, ni coupure d'eau). Nous ne sommes quasiment pas sortis (dès qu'on mettait un pied dehors, on glissait sur les plaques de verglas) sauf pour à nouveau se battre comme des chiffonniers pour tenter d'obtenir des billets de trains pour échapper à cet enfer (avec comme date butoir notre billet d'avion pour Pékin). Et puis évidemment, nous avons choppé la crève.

Je garde quand même en tête quelques images insolites : les enfants dévalant les rues pentues avec des sacs en plastique en guise de luges (certains étaient super doués) et les commerçants en train de brûler quelques meubles devant leurs vitrines pour se réchauffer dans la journée. Mine de rien, je crois qu'il y a eu un paquet de morts dans les campagnes, les chiffres officiels ne parlant évidemment que des accidentés de la route ou des personnes âgées qui ont glissé sur le trottoir. Lorsqu'il fait le bilan, le gouvernement ne mentionne pas toutes les maisons Miao reculées qui n'ont jamais eu le droit d'accéder à l'électricité et qui ont largement souffert de cette vague de froid exceptionnelle.

Bref...

Nous avons aussi rencontré deux français, Eric et Philippe. Eric est marié à une Miao, il s'est installé à Kaili depuis plusieurs années. Spécialiste des tissus du XVIIIème siècle et des masques Miao, il nous a montré quelques morceaux de sa collection privée (les plus beaux étant exposés en ce moment dans un musée à Paris).

2 commentaires:

Virginie a dit…

excellent
c'est mieux que pékin express ce que tu nous narres là :-())
"marcher vers une ville que nous esperons etre Kaili, avec nos enormes sacs" après une descente de bus forcée alors là j'imagine le petit moment de détresse puis je t'imagine très bien faisait la tête aux gentils policiers qui n'avaient pour seul but que de vous venir en aide !! ah le barrage de la langue en même temps !!!! avez vous acheté un exemplaire du journal local sur lequel vous êtes !! trip trop insolite :-()))
bon il est temps d'aller vers des contrées plus chaudes
je pense fort à vous

Gui a dit…

Je veux voir le journal local ! et un autographe. énorme !