lundi 31 mars 2008
BANDIPUR : LA CAMPAGNE NEPALAISE
SHIVARATRI, SHADU ET PASHUPATINATH
Que de mots imprononçables, n'est-ce pas ?
Les Shadus, ce sont des hommes saints hindous qui vivent en ascetes pour tenter d'atteindre l'Eveil (et ainsi acceder au Nirvana). En general, ils vivent nus (ou presque), le corps enduit de cendres en signe de renoncement ; ils ont des dread locks pour temoigner de leur reconnaissance a Shiva et dessinent sur leur front trois lignes faites de cendres ou de pate de santal.
En realite, il existe des vrais et des faux shadus : les faux shadus sont en fait des « modeles » qui se peinturlurent le visage et portent des vetements safran flashi. Ils se baladent dans les rues et attendent patiemment que les touristes les prennent en photos, puis ils leur demande une lourde retribution. Ceux la n'ont rien a voir avec des ascetes, mais il faut bien avouer qu'ils sont tres photogeniques.
Shivaratri, c'est le jours de l'anniversaire de Shiva, dieu de la destruction pour une meilleure reconstruction (en gros, donc, le dieu de la remise en question). Pour Shivaratri, les Shadus de toute l'Inde et du Nepal se rassemblent, pour feter ca dignement.
Pashupatinath, c'est le plus grand temple shivaiste du Nepal (qui se trouve pres de Kathmandu). Tous les hindous tentent de s'y rendre pour Shivaratri (les non-hindous ne peuvent pas y entrer) et beaucoup de Shadus nepalais et indiens s'y retrouvent.
Le mieux, c'est encore de voir ca en images : cliquez ici
KATHMANDU : LES MILLE ET UNE NUITS
Kathmandu est une de nos villes preferree parmi tout le continent asiatique : on se croirait dans un conte des Mille et Une Nuits tant la vieille ville semble receler de mysteres a chaque coin de rues. Les fenetres sont sculptees a l'oriental, il y a des statues hindoues cachees sous les marchandises, le soir, on s'eclaire a la lumiere des bougies pour pallier aux quotidiennes coupures d'electricite... Et puis il y a un monde fou qui s'y balade ; les femmes qui sont parrees de leurs saris flamboyants disparaissent au detour des ruelles etroites, elles empruntent de petits passages, nous les suivons... elles debouchent dans d'immenses cours ou les gamins jouent au badminton tandis que les voisins discutent autour d'un puits ou d'un petit hotel.
Pour resumer, disons que tous les cliches que nous pouvons avoir sur l'Inde sont finalement rassembles ici (et pas en Inde !).
Nous avons passe quelques jours dans Kathmandu et sa vallee, le temps de prendre nos marques pour comprendre ce petit pays coince entre deux geants : la Chine et l'Inde.
En discutant avec des nepalais, nous nous sommes rendus compte que la situation politique etait explosive. Il faut dire que nous avons affaire a un pays en pleine mutation, qui est en train de construire sa democratie. Son histoire recente est hallucinante, digne la aussi de figurer dans un des chapitre des Mille et Une Nuits :
En 2001, le Nepal etait encore un royaume (monarchie constitutionnelle). Le jeune prince heritier Dipendra voulait epouser une belle aristocrate, Devyani Rana, mais le roi Birendra et la reine Aishwarya s'y opposerent fermement, menacant de retirer son titre au jeune heritier. Un soir d'ete, lors d'une fete de famille, le jeune prince, pris d'un coup de folie, assassina les 9 membres de sa famille puis retourna l'arme contre lui. La population nepalaise fut sous le choc : 13 jours de deuil national furent declares, des sanctuaires ont ete installes un peu partout dans les rues de Kathmandu pour que le peuple puisse prier les defunts souverains et les barbiers ont rase des milliers de cranes, signe de deuil dans la tradition hindoue.
Mais peu a peu, les nepalais ont commencer a douter de cette version des faits : et si Gyanendra, le frere du prince heritier, qui n'etait pas a Kathmandu mais a Pokhara la nuit du drame, et qui fut immediatement proclame nouveau roi du Nepal, avait fait assassiner toute sa famille pour acceder au poste supreme ? Pour tous les nepalais avec lesquels nous avons discute, c'est sans equivoque : Gyanendra est un assassin qui n'a aucune legitimite a s'assoir sur le trone nepalais.
L'histoire, biensur, ne s'arrete pas la. Alors que Birendra, le defunt monarque, avait tente d'ouvrir son pays vers la voie de la democratie en organisant des elections, permettant ainsi la constitution d'un gouvernement en parallèle du regne monarchique, le nouveau roi Gyanendra dissout ce gouvernement et s'octroie les pleins pouvoirs en 2005. En 2006, apres des manifestations massives dans les rues de Kathmandu et la mort de 16 personnes, le roi fut contraint de retablir la democratie parlementaire. Un mois plus tard, le Parlement a prive le souverain de la quasi-totalite de ses pouvoirs, Gyanendra n'ayant plus qu'un rôle honorifique.
Voilà la situation dans laquelle nous nous trouvons : aujourd'hui, un gouvernement provisoire dirige le pays. Le 11 avril prochain, les nepalais sont appeles aux urnes pour élire leurs deputes qui devront reflechir a une nouvelle constitution. On ne peut que s'attendre a une flambee de violence dans tout le pays a l'annonce des resultats, d'autant que le parti maoiste, pourtant minoritaire en intention de vote, compte bien prendre sa part du gateau.
Les nepalais discutent avec beaucoup de ferveur de la situation politique de leurs pays avec tous les etrangers qu'ils croisent. On les sent completement exaltes par la mutation de leur pays... ce qui laisse presager le pire pour les semaines a venir... Un mal pour un bien ?
En parallele, l'Inde tente de s'immiscer de plus en plus dans l'avenir du Nepal, l'enjeu etant de profiter librement de la route commerciale Inde-Chine. Certaines regions nepalaises commencent a demander leur autonomie... et puis aujourd'hui, le Tibet grogne... Cette region bouge donc serieusement en ce moment.
vendredi 14 mars 2008
LA CHINE SI CA VOUS TENTE...
BIEN POUR
Tous les paysages de Chine sont sublimes ; l'architecture, quand elle est preservee et pas trop retapee est extraordinaire.
Le Yunnan et le Sichuan (Sud Est de la Chine) sont tres agreables et il est facile d'y voyager parce que les chinois ont l'habitude de croiser des voyageurs. Plein de minorites y vivent, ce qui donne de la couleur sur les marches.
PAR CONTRE
C'est un pays immense dans lequel on perd facilement pied. C'est tres complique de communiquer avec des chinois dans le Guizhou, le Hunan et Pekin. On s'y sent souvent isole et voyager est rapidement epuisant parce que rien n'est simple.
ADMINISTRATIF
Visa : obligatoire, extensible sur place plus ou moins facilement selon l'endroit ou en fait la demande (20 mn a Lijiang, 1 semaine a Pekin). Si vous voulez aller a Hong Kong puis revenir en Chine, il faut un visa a double entree.
Regime politique : communisme pesant, mais libre marche.
On ne peut pas parler de tout librement en Chine, Internet est largement censure et les E-Mails sont regulierement checkes par les 60 000 cyber policiers en place. Dans les medias, la propagande est de rigueur (tout va toujours bien en Chine quand on regarde la tele), mais il me semble que la presse se lache un peu (j'ai lu des articles dans le Courrier International franchement critique).
Economie : le gouvernement communiste est fascinant parce qu'il planifie tout sur une echelle immense. Il a ete decide que le pays commencerait son developpement a l'Est, moteur economique, pour s'etendre ensuite a l'Ouest. Il y a donc d'enormes disparites entre l'Est et l'Ouest, s'en est souvent choquant ! Mais laissons faire le temps, il faut bien commencer quelque part. Aujourd'hui, les ecarts se creusent, mais les chinois en ont conscience... Vont-ils faire quelque chose ?
SANTE
- Pas de vaccin obligatoire
- Pas de paludisme
- Hopitaux : dans les campagnes, ils font carrement flipper, dignes d'un film d'horreur. Dans les villes, disons qu'ils sont corrects sans non plus etre aspetises. Les medecins ne parlent pas anglais mais les soins d'urgence sont gratuits pour les etrangers (... et sommaires). Pour les chinois par contre, c'est payant, sauf en cas de maladies graves (Cancer, SIDA).
CLIMAT
- De decembre a janvier, il fait bon au Yunnan (pas besoin de manteau en journee). Ca caille severe la nuit dans les montagnes du Sichuan (pas de chauffage !).
- Fevrier dans le Hunan et le Guizhou : il fait froid mais c'est gerable (nous, on a pris de plein fouet la vague de froid, mais elle etait exceptionnelle.)
- Fevrier a Pekin : hyper froid, c'est dure... ca vaut pas le coup.
- Fevrier a Hong Kong : doux (pas besoin de manteau)
- Fin fevrier a Lhassa : on peut etre une Tee-Shirt en journee, puis il peut se mettre a neiger le lendemain ! La nuit, il faut imperativement un hotel chauffe.
MONEY, MONEY, MONEY
Devise : le Yuan, qui se dit Kwaï quand on est branche ou quand on parle chinois, on dit aussi RMB, qui veut dire quelque chose comme « monnaie du peuple »
Taux de change : 1 E = 10 RMB environ
Budget : les ecarts etant enormes entre l'est et l'ouest, les budgets ne sont pas les memes non plus.
Logement : L'ouest a un developpement recent, les hotels sont donc bien plus confortables et plus cosy que dans l'est, tout en coutant bien moins cher.
Yunnan, Sichuan : de 30 a 80 Y pour de l'entree de gamme
Pekin, Shenzen : 150 a 200 Y
Restos : la cuisine se decline en fonction des regions. Globalement, nous avons bien mange partout, en particulier dans le Yunnan. Dans le Sichuan, les plats sont particulierement epices. Par contre, la Chine ayant connue pas mal de famine, les chinois sont aujourd'hui heureux d'avoir des boeufs et des poulets gonfles au hormones (c'est impressionnant de les croiser dans le campagne) et des legumes bourres d'OGM (j'ai lu un article qui disait que si les athltetes des JO mangeaient les produits chinois avant les courses, ils seraient tous controles positifs !)
Les cuistauds ont aussi tendance a abuser du glutamate pour relever les plats.
Pas de paranoia sur les chiens et les chats : se sont des viandes de luxe, on ne vous fera pas croire que c'est du lapin si c'est du chien (et d'ailleurs, nous n'avons jamais vu de chiens entiers sur les etalages des boucheries comme au Vietnam).
TRANSPORTS :
- Moto-voiture : impossible d'en louer pour les etrangers, sauf a Dali et Yuangshuo.
- Taxis : ils ne sont pas chers du tout, demander a l'hotel de vous ecrire en chinois le lieu ou vous voulez vous rendre
- Bus : les routes sont inegales entre l'est et l'ouest, les bus aussi. Le danger, ce ne sont pas les routes defoncees ou circulent des bus pourraves, ce sont plutot les bus modernes qui n'ont pas l'habitude d'anticiper le danger. Sinon, toutes les chinoises vomissent dans les bus (ou par la fenetre) pendant que les hommes fument clopes sur clopes.
Il y a aussi des bus couchettes : c'est un voyage insolite, on y dort mal.
- Train : le reve ! On ne parle de 1ere ou 2eme classe mais de siege dur / siege mou, couchette dure / couchette molle. Alors... les couchettes dures ne sont pas si dures que ca mais on est 6 par cabines et il n'y a pas de portes (les couchettes du milieu sont les meilleures). Les couchettes molles sonr paradisiaques (4 par cabine, mais on est souvent tout seul).
Les trains sont lents et comme c'est un pays immense, on fait rarement des voyage de moins de 20h. Et puis surtout, les paysage qu'on traverse sont souvent magiques... c'est la qu'on comprend qu'on est vraiment a l'autre bout du monde (les trajets Kunming-Emei et Pekin-Lhassa particulierement). Par contre, peu de ligne dans le Yunnan.
Prendre des billets de train ou de bus n'est pas une affaire si complexe que ca, a condition de s'y preparer : comme les gares drainent beaucoup de monde, tout doit se passer tres vite. Il faut donc avoir choisi la date, l'heure et le type de siege avant d'aller au guichet. Les guichetieres ne parlent jamais anglais et elles ont en general un petit moment de panique en voyant arriver un etranger. Pour la destination, il ne sert a rien de prononcer le nom de la ville ou on veut aller, notre prononciation ne sera jamais la bonne (dans le Lonely Planet, les noms sont ecrits en chinois, ca aide). On ne peut pas reserver les trains plus de 5 jours a l'avance.
Enfin, les queues chinoises sont comme les queues indiennes : tout le monde se colle et se pousse, le grand style chinois etant de tenter de gruger tout le monde l'air de rien.
Si vous voyager pendant le Spring Festival (les 2 semaines de conge annuel autour du jour de l'an chinois pendant lesquels tous les chinois retournent dans leurs regions natales), il faut s'armer de patience (mais la police veille).
- Avion : ils permettent parfois de gagner une journee de voyage et ne sont pas si chers que ca. Quelques sites pour reserver en ligne : english.ctrip.com, elong.net, ticket9588.com.
CA VA MIEUX EN L'DISANT
Le mandarin est la langue chinoise officielle, creee pour unifier le pays. Dans beaucoup de regions reculees, on ne parle que des dialectes locaux. Comme toutes les langues « unifiante » le chinois est relativement simple : pas de conjugaison, pas de temps, pas de declinaison ni de preposition (« je vouloir aller Kunming demain » par exemple). C'est dont facile d'apprendre quelques phrases sommaires, a condition d'avoir un « prof » a nos cotes pour nous apprendre a bien prononcer les tons. Ca vaut le coup de prendre quelques cours avant de partir, histoire de ne pas se sentir isoles comme nous l'avons ete.
Quelques basics :
- Bonjour : nirao
(en tibetain : Tashi delek)
- Merci (beaucoup) : chiechie (ni) (avec un -ch- prononce a l'allemande comme dans « vieleicht ».
Les chinois se remercient peu entre eux et ne comprennent pas pourquoi les europeens disent merci a tout va. Dans une relation commerciale par exemple, ils expriment le merci en tenant les billets des 2 mains, comme s'ils les donnaient de tout leur coeur. C'est tres discret mais on s'apercoit vite que tout le monde le fait.
- De rien : bokatse
- Au revoir : Dzai zien
- Francais : faguo
NIGHT LIFE
C'est mort dans les petites villes mais dans les grandes il y a souvent un lieu ou sont rassemblees quelques discotheques : les jeunes, avec des codes vestimentaires identiques, ne dansent pas, boivent de l'alcool et supportent une danse music completement saturee. Et tant que j'y pense le tube de Helene et les garcons (1993?) fait un tabac en Chine (de Pekin a Lijiang).
A Pekin, il y a une rue avec pleins de bar sympas, remplis d'occidentaux. Les chinois eux, vont dans des restos puis s'invitent chez les uns ou chez les autres, ils n'ont pas la culture du bar de quartier.
TECHNIQUE
Internet : dans les grandes villes et les lieux touristiques, mais serieusement censure. Pour nous, impossible de visualiser notre blog ou d'aller sur webshots (le site ou on gere nos photos). Youtube est accessible mais Daily Motion. Si on veut aller sur un site qui critique la politique chinoise (liberation du Tibet ou droits de l'homme par exemple) un message nous informe que « la page a ete reinitialisee » et l'acces est bloque. Impossible d'aller sur Wikipedia egalement. Les mails sont regulierement verifies et sur MSN impossible d'envoyer une piece jointe.
Ceci dit, il est facile de contourner la censure en utilisant un « proxy ». On a alors 2 heures pour faire tout ce qu'on veut puis on est repere et le systeme se bloque.
La Chine m'a rendu parano!
Gravage: dans les grandes villes
WIFI : grandes villes et villes touristiques,
Prise electrique : les prises chinoises sont assez complexes et 3 types de prises, dont la prise francaise, peuvent s'y adapter.
Envoi de colis : une trentaine d'euros pour 10kg environ.
Nos photos de la Chine :
Cliquez ici pour voir les photos en plein cadre
PEKIN – KATHMANDOU
Et puis traverser la Chine d'Est en Ouest en 48h, c'est passer par des paysages inimaginables : des collines a quelques heures de Pekin, puis des montagnes de plus en plus hautes, parsemees de quelques villages, une lumiere qui sublime tout... Puis les montagnes font place au plateau tibetain, indescriptible, desertique... Puis on entrapercoit une antilope, puis deux, affolees par le train qui coupe leur migration... puis des tibetains semi-nomades, qui accompagnent leurs troupeaux de yaks... les visages changent, les habitats aussi, ce sont maintenant des maisons en pierres grises, de plus en plus nombreuses, un village... puis plus rien, encore une terre desertique a perte de vue, pendant des kilometres... L'oxygene souffle, on respire trop. Puis cette terre aride fait place a la neige contrastant avec les quelques taches noires au loin : des yaks qui broutent. Puis les montagnes reapparaissent, blanches cette fois-ci... on arrive a Lhassa, engourdis par 48h de voyage.
Que dire de Lhassa... la situation est tellement complexe. Objectivement, Lhassa est divisee en deux : le quartier chinois et le quartier tibetain, qui peu a peu se retrecit, comme pris dans un goulot d'etranglement. La partie chinoise n'a aucun interet, ce n'est qu'une transposition de ce que nous avons pu voir dans l'est de la Chine : des buildings cheap, des magasins, pas de charme. Pour la partie tibetaine, c'est une autre histoire : l'architecture est preservee mais tout est sale ; la plupart des tibetains ne sont pas d'ici mais viennent en pelerinage, crasseux, morveux, pour faire le tour du Jokhang en faisant tourner les moulins a priere ou pour se jeter par terre, tete sur le sol, tous les 5 m (meme a 22h, lorsque la temperature a serieusement chute). Mais pourtant, Siddharta avait bien rejete la devotion de son enseignement, non ? Et puis des magasins sur tout le chemin, entre articles religieux et souvenirs touristiques. Les tibetains semblent sereins malgre l'omnipresence policiere a chaque carrefour de la ville... il regne meme une insouciance revelatrice d'un printemps qui s'annonce. Le Potala, palais tibetain et auparavant siege politique du Tibet, n'est plus qu'une coquille vide, face a un enorme monument dans le plus pur style communiste... Difficile de prendre une photo en eclipsant le drapeau chinois qui file au vent. Alors voilà, pour moi, Lhassa, c'est du grand n'importe quoi, un lieu incoherent tant sur le plan chinois que sur le plan de la foi bouddhiste.
Est-ce une ville representative de ce qu'est le Tibet aujourd'hui ? On a entendu tellement de sons de cloches differents qu'on ne sait plus quoi penser. On parle de genocide culturel, est-ce aussi simple ?
Les chinois ne comprennent pas le ressentiment des tibetains a leur egard : ils injectent des fonds pour le développement de la region, des ecoles pour instruire les tibetains, des hopitaux... Sans leur aide, les tibetains n'accederaient pas a la modernite. Pour les tibetains, le probleme est tout autre : ils ne peuvent pas oublier le massacre des annees 50, lorsque l'armee chinoise a envahi le Tibet dans un bain de sang, tuant plus d'un million de personnes et provoquant l'exil de 100 000 intellectuels dont le Dalaï-Lama, leader religieux et politique. Les tibetains ne veulent pas de ce plan de developpement qu'ils n'ont pas decide.
Peut-on parler de « genocide culturel » ? Lorsqu'on a ete a Lhassa ou dans le Sichuan, on ne peut pas soutenir ce point de vue : les tibetains ont conserve leurs traditions, leur look, leur specificite ; ils pratiquent leur religion librement, sans se restreindre... et si certains se laissent aller a porter des vetements plus confortables, est-ce que ce n'est pas du a une acculturation, ineluctable, qui touche l'ensemble des non-occidentaux aujourd'hui, plutot qu'a la mainmise chinoise ?
Parfois, nous avons eu le sentiment que l'independance du Tibet interessait plus la communaute internationale que les tibetains eux-memes. Ces questions suscitent toujours des debats passionnes entre voyageurs. Il manque une vraie enquete, un vrai travail de fond sur ces questions... mais tant que la Chine imposera des permis pour se rendre sur l'ensemble de la region, tant que la censure agira, on ne pourra jamais demeler le vrai du faux, la propagande et le fantasme de la realite.
Bref...Nous continuons notre route.
Apres cette escale plutot bizarre, nous nous dirigeons en 4x4 sur la route qui nous mene a Kathmandou. Les paysages se font plus majestueux encore que tout ce que nous avons vu jusqu'à present... La terre est seche, des montagnes semblent coupees en deux pour former des plateaux arides, c'est indescriptible, unique. Nous passons des pics a plus de 5000 m, sans ajout d'oxygene cette fois-ci... La nuit tombe, il fait froid, nos pieds commencent a s'engourdir... On se rechauffe en se blotissant contre les tibetains qui voyagent avec nous... La lune eclaire encore un peu le paysage... puis tout s'eteind, nous tombons de sommeil, le chauffeur continue.
Le lendemain, on approche de la frontiere nepalaise, le paysage a perdu de sa majeste... c'est fini. On arrive au Nepal, le choc : des femmes en saris, de la musique indienne qui hurlent dans les camions, il fait chaud, les bus sont bondes. Aux stations services, des queues interminables, 24h d'attente parait-il... Le Teraï, la region du sud du pays, fait un blocus generalise sur l'essence et quelques vivres ; nous sommes 9 dans une voiture qui compte 5 places, c'est le bordel politique.
HONG KONG SI CA VOUS TENTE...
BIEN POUR
Etre a moitie depayse, se plonger dans l'ambiance des films Hong Kongais, les plages (que nous n'avons pas vu mais il paraît qu'il y en a plein)
PAR CONTRE
Les hebergements et les restaurants sont chers (moins qu'en Europe mais plus qu'en Asie). Le shopping n'est pas si interessant que ca si on n'a pas une idee du prix en France (il y a beaucoup d'arnaques).
ADMINISTRATIF
VISA : pas besoin pour les francais et les belges. Mais attention, venir a Hong Kong signifie que l'on quitte les territoire chinois. Si, comme nous, vous venez de Chine, allez a Hong Kong puis retournez en Chine, il faut donc avoir un visa a double entree (ou refaire un visa chinois a Hong Kong). C'est vrai pour Macao aussi.
Regime politique : HongKong a un statut bizarre : retrocedee en 97 a la Chine, la gouvernance est chinoise (malgre une pormesse d'election locale que les chinois n'ont jamais tenu). Par contre les lois sont hong-kongaises et non chinoises. On est en Chine, mais les chinois doivent passer une frontiere pour s'y rendre, la monnaie est differente et la langue officielle est l'anglais. Internet n'est pas censure comme sur le continent (on a enfin pu acceder a notre blog !) et on peut ouvertement parler de sujets chauds, comme le Falungong ou le Tibet.
Economie : le systeme capitaliste est reste inchange depuis la retrocession. Hong Kong est une zone franche donc on peut se faire rembourser les taxes sur les produits achetes a l'aeroport. Et puis c'est surtout une immense place financiee ou toutes les grosses banques font des operations (2 eme place d'asie apres Tokyo). D'ailleurs vous aviez qu'HSBC signifie « Hong Kong and Shanghai Bank Corporation ».
MONEY, MONEY, MONEY:
Devise : Dollars hong kongais (HK$)
Taux de change : 1 E = 10 HK$ et 1 RMB= 1 HK$ (environ)
Hebergement : un des charme de HK pour peu qu'on ait de l'humour : toutes les chambres sont minuscules, juste de quoi mettre un lit et poser son sac, c'est tout (imaginez Yves la dedans !) et ceci pour des sommes folles. On a trouve une chambre avec une grande fenetre et a peine clean pour 266 HK$ (apres une seance de negociation acharnee). Sur l'ile de Kowloon (Tsim Sha Tsui) les logements sont moins chers.
Restos : comptez environ 400 HK$ pour 2 pour un resto simple. Nous avons surtout mange au MacDo (60 HK$ a 2).
TRANSPORTS
On se deplace entre les iles en metro ou en bateau. Sur Hong Kong Island, il y a de vieux tramways en bois qui ont beaucoup de classe... et qui fonctionnent tres bien (c'est pas un truc touristique, tous les hong kongais l'utilise pour eviter les bouchons aux heures de pointe).
En avion : les taxes d'aeroport de HK sont tres cheres. Mieux vaut passer par l'aeroport de Shenzen (en Chine) puis prendre un bus (numero 303,1 heure) puis passer la frontiere (15 min) puis un RER (30 minutes) qui nous amene a Tsim Sha Tsui.
CA VA MIEUX EN LE DISANT
Les hong kongais ne parlent pas l'anglais avec un accent snob comme a Singapour, mais tout le monde se fait comprendre. Sinon on parle surtout le cantonnais et une peu le mandarin. Tous les panneaux et les hauts-parleurs sont en anglais.
NIGHT LIFE
Pleins de lieux hyper branchouilles remplis de petits Jerome Kerviel en puissance sur HK Island. Mais pour la note, il faut pouvoir suivre...
mardi 4 mars 2008
HONG KONG ET MACAU
Ceci dit (et ces quelques lignes s'adressent tout particulierement a la famille Degryse) Hong Kong nous a permis de voir le dernier spectacle de Zingaro, en tournee pour la premiere fois ici. Nous avons pu facilement avoir des places (impossible a Paris si on ne s'y prend pas 1 an a l'avance !) Bartabas a installe son chapiteau sur un port, au milieu des buildings (effet garantit). La salle, pleine a craquer, etait remplie d'un public (a large majorite chinoise) hyper receptif : applaudissant, riant et faisant unitairement des « HO » de temps en temps comme si on etait au cirque... c'etait hyper emouvant!
Macau, nous n'y sommes restes qu'une journee. C'est une ancienne ville portugaise (retrocedee en 1999), l'architecture est donc completement mediterraneenne, a tel point qu'on a parfois l'impression d'etre dans une ville portugaise envahie par les touristes chinois !
