lundi 7 janvier 2008

KUNMING MODESTE VILLE DE 4 MILLIONS D'HABITANTS

Après notre traversée sur les chapeaux de roue, nous voilà donc arrivés dans la capitale régionale du Yunnan dont, vous en conviendrez, peu de gens ont entendu parler alors qu'il y demeure tout de même plus de deux fois la population parisienne. Définitivement, la Chine c'est grand.

Nous ne connaissions rien de la Chine, nous savions que c'était un pays en voie de modernisation, avec tous les fantasmes paranoïaques d'impérialisme que cela suscite...et bien on peut vous dire que la Chine n'a pas attendu notre autorisation pour se réveiller. Sur le plan social, nous ne pouvons encore rien dire, c'est trop tôt ; mais sur le plan économique, c'est la claque.

Kunming est une ville supra moderne, avec un plan d'urbanisme cohérent). Toutes les vieilles baraques en bois (charmantes, mais sans confort) sont en train d'être détruites au profit d'immenses buildings blancs, aux fenêtres immenses. C'est une ville très clean, dans laquelle les habitants circulent en motos électriques silencieuses (on est aux antipodes d'Hanoi). Des magasins partout, qui tentent d'attirer les clients (nombreux) avec de la musique techno. Partout, des MacDo, des PizzaHut, des KFC, mais aussi des restos traditionnels délicieux. Partout des éboueurs qui traquent le moindre papier jeté négligemment par terre. Mais souvent aussi des mendiants (attention, quand je dis souvent ça veut dire tout de même dix fois moins qu'à Paris où les exclus dorment sur les bouches de métro pour tenter de se réchauffer tandis qu'on tente par tous les moyens d'éviter de croiser leurs regards).

A Kunming, les changements vont très vite. Notre Lonely Planet (qui date pourtant de 2006) nous indiquait un quartier de pêcheurs en dehors de la ville à visiter absolument : entre temps, le quartier a été rasé et les pêcheurs expropriés (à quel prix?). A la place se tient une magnifique zone pavillonnaire (immense) d'un luxe inégalé. Mais curieusement, personne n'y vit. Disons que les promoteurs immobiliers ont devancé la demande. C'est donc une cité fantôme qui se tient à la place du vivant quartier des pêcheurs. Alors, gâchis ou leçon d'anticipation? A l'inverse nous avons vu des files de voitures innombrables faire la queue aux stations service : les conducteurs devaient bien attendre trois heures pour remplir leurs réservoirs. Le marché de l'automobile explose.

Les chinois sont aussi des poètes, ils arrivent systématiquement à trouver des noms fascinants. « Le Temple du pavillon majestueux » (Huating Si), « le Pavillon des trois purs » (Sanging Ge), « l'Oratoire du fonctionnaire habile » (Lingguan Dan), « la grotte du nuage bienveillant » (Ciyung Dong) ou encore « le Mont de la belle endormie » (Xi Shan), qui évoque une femme aux tresses flottantes sur la mer... ». Je peux vous assurer que nous avons bien cherché à voir cette image sur la montagne, rien n'y a fait, nous sommes restés aveugles.

2 commentaires:

martin a dit…

Je me souviens très bien de Kunming, j'ai adoré cette ville, je ne sais pas vraiment pourquoi. Je me suis dit que si je devais vivre dans un ville en chine, ce serait celle la. Il y a d'ailleurs un paquet d'expatriés dans le coin. Bises fraiches de paris.

Virginie a dit…

Etrange mutation
les jeunes se mettent ils � la techtonik ?
fascinant de voir voler en �clats toutes les repr�sentations visuelles qu'on se fait de la chine vers un modernisme effrein� !!! la chine fascine la chine fait peur :-())) qui a raison ?
�normes bisous � tous les deux