jeudi 10 janvier 2008

AUX PORTES DU TIBET


Nous arrivons à Kangding en soirée. Sans tarder, avec nos sacs de 15 kg sur le dos, nous remontons cette petite ville très animée le long d'une rivière survoltée. Un vent glacial nous gifle le visage. La moitié de la ville danse sur la place centrale au son des derniers tubes tibétains, une bonne manière de se réchauffer... Nous nous logeons dans une ghesthouse attenante à un très joli monastère, une petite chambre avec mobilier tibétain et vue sur les montagnes mais hélas, sans chauffage... nous nous contenterons de couvertures chauffantes, dans lesquelles il est bon de rentrer mais si difficile de sortir. Nous réussirons à dormir après avoir mangé quelques spécialités locales (thé au beurre de yak, momos -sorte de raviolis- et viande de yak) et assisté, complètement seuls, à des danses traditionnelles tibétaines dans l'une des nombreuses boites de nuit de Kangding (la soirée se terminera subitement par une coupure d'électricité générale, qui ne durera, heureusement pour nous et les couvertures chauffantes, que quelques heures !!).

Le matin, le ciel d'un bleu intense nous remonte le moral. La ville est blottie dans une vallée profonde et dominée par le Gongga Shan qui culmine à plus de 7500 mètres. Nous partons visiter quelques lamaseries, dont celle située derrière notre hôtel. Dans la cour du monastère des moines récitent leurs prières autour d'un four-stupa, il s'y dégage une fumée épaisse que le soleil perce péniblement. Nous entrons dans le hall des prières, enivrés par l'odeur âcre des lampes au beurre de yak. Aux murs sont peintes des scènes de la vie de Bouddha et sur les charpentes finement sculptées sont suspendues des tangkas et des mandalas (longs rouleaux de soie). Sur de longues banquettes parallèles des moines psalmodient des textes sacrés entre deux sons de gongs, de tambours et de trompettes. Les moines nous accueillent chaleureusement ; comme partout ailleurs ils ne nous demanderons qu'une seule chose, les aider à faire tourner les moulins à prières (dans le sens des aiguilles d'une montre!). Bien entendu, nous n'aurons pas à réciter en même temps les mantras universels, que nous ne connaissons absolument pas. Nous passerons ensuite l'après midi avec le dj (DJ PETER) de la boite de la veille à échanger de la musique. Le soir, affalés autour du réchaud de la maison de thé située au rez-de-chaussée de la ghest house, nous dégustons allègrement le foie gras que ma sœur nous avait offert. La difficulté avec laquelle nous avons ouvert la boite de conserve n'a fait qu'accentuer le plaisir (la patronne nous avait bien gentiment proposé une hache, mais ça faisait un peu négligé pour ce mets raffiné...).

Le lendemain départ aux aurores pour Litang. Ce sera en fait un faux départ puisque nous attendrons six heures dans le froid, la brume et la neige que la route se dégage, un camion surchargé de bois s'étant renversé (nous croiserons tout de même quatre autres camions couchés sur cette route verglacée!!). Au bout de quelques heures de transport, nous nous retrouvons enfin au dessus des nuages, les rayons de soleil parviennent à décongeler nos pieds. Les paysages sublimes nous font oublier la piste cabossée : de vastes plaines entourées de pics déchiquetés et parsemées de maisons tibétaines (des châteaux de pierre dont les portes et les petites fenêtres sont finement sculptées et peintes de toutes les couleurs).

Nous arrivons à Litang la nuit tombée, les étoiles paillètent magnifiquement le ciel (nous ne pensions pas qu'il pouvait exister autant d'étoiles).
Litang, plantée au milieu de nulle part, est une ville très agréable aux allures de bout du monde. Son altitude (4100 mètres !) donne au ciel une pureté incroyable. Le jour, le soleil nous brule la peau tandis que la nuit, le froid nous transperce les os. La visite de la lamaserie nous fait passer par la vieille ville : de vieilles maisons à ossature en bois recouvertes de torchis (mélange de terre, de foin et de bouses de yak) auxquelles on accède par des petits chemins en terre. Ici la région est plus pauvre qu'ailleurs. Du haut du temple nous avons une belle vue de Litang entourée d'une steppe aride ou broutent de nombreux yaks.
Partout dans la ville nous croisons des tibétains qui nous saluent gentiment par un « taschi delek » (bonjour en tibétain). Les hommes sont fascinants. Ils sont grands, beaux et costauds. Ils vous regardent droit dans les yeux avec ce sourire sincère qui vous va droit dans le cœur. Certains portent des manteaux en peau de yak et des chapeaux de fourrure multiformes et colorés, d'autres sont en cuir et chapeau de cow-boy. Il y aussi ceux avec les cheveux longs et la banane soignée. Beaucoup de gens déambulent dans les rues avec des moulins à prière (miniature s'entend) et des chapelets à 108 grains. Bref, la meilleure activité que nous ayons trouvé à faire à Litang a été de se poser quelques heures sur la place principale et profiter du spectacle vestimentaire et stylistique de la population.

L'absence de chauffage, la coupure d'eau et l'odeur désagréable qui commençait à envahir la chambre du meilleur hôtel de la ville nous a poussé vers un départ précipité. Nous avons rejoint Zhongdian en 2 jours avec une nuit passée à Xiangcheng.

A Zhongdian, nous avons passé la majeure partie de notre temps dans la lamaserie Songzanlin, rattachée à la secte des bonnets jaunes. Ce monastère imposant compte environ 500 moines et de nombreuses bâtisses disposées en terrasse sur le versant de la montagne. De couleurs crème, elles s'ornent de jolies corniches en bois et de toits de tuiles plaqué or. Au sommet, en face de la grande salle aux 108 piliers, les jeunes moines dansent sur le son des cymbales, du tambour à long manche et des cors de 2 mètres (un son qui nous a saisit). Il s'agit de danses sacrées, support de méditation. On restera là, quatre heures, à observer ces danses envoutantes.Le soir, nous assisterons à d'autres danses, plus profanes, sur la place de la vieille ville.


Yves, perche sur le toit du monde

3 commentaires:

laeti a dit…

Toujours aussi agréable d'avoir de vos nouvelles et les video sont vraiment depaysantes
pense a vous bisous

Anne a dit…

ça fait toujours du bien de monter aussi haut avec vous... je vous souhaite encore de merveilleuses envolées depuis le "toit du monde". Suis en train de déguster un Médoc...(encore!!!!!) que je trinque avec vous de tout coeur. Je vous embrasse TRES TRES fort.
Anne

Virginie a dit…

Tu vas devenir une pro de la world music
j'ai hâte que tu me fasses découvrir
ah que de good soirées en perspective à ton retour
tu me manque
énooormes bisous à tous les deux