lundi 24 décembre 2007

PETIT GUIDE SI VOUS VOULEZ VISITER LE NORD

Si vous aussi vous êtes tenté par cette aventure « pionnière », voici quelques infos qui pourront vous aider.

On peut aller dans le nord en

- Louant une voiture (vous ne pouvez pas conduire de voiture au Vietnam, il vous faudra donc un chauffeur qui en général ne parle pas anglais). Toutes les routes ne sont pas praticables en voiture.

- Vélo : autant dire que si vous n'avez pas fait le tour de France, vous n'êtes pas suffisamment préparé.

- Moto (notre solution). Nous avons dépensé quelque chose comme 500 $ à deux pour 14 jours

- Tour organisé : les tours organisés depuis Hanoi vers Sapa sur 3 jours n'ont pas grand intérêt.

Par contre, il existe des agences comme « La compagnie Bourlingue» (Hanoi) qui louent des motos (Minsk) et proposent des trajets sur mesure en organisant tout : on part avec un guide-interprète-mécanicien et on dort chez l'habitant. Nous on trouve ça génial. C'est un peu cher (100 $ la journée) mais les bénéfices servent à financer des projets dans les villages. Ils sont francophones (bretons je crois) et doivent avoir entre 30 et 40 ans. Pour plus d'infos, leur site : http://www.freewheelin-tours.com

Quelle moto choisir ?

Le choix fut cornélien pour nous : il y a la mythique MINSK, la bonne vieille moto soviétique qui a une classe folle (à côté, la Harley Davidson passe pour une moto de ringards... enfin ceci n'engage que moi). Le souci, c'est qu'elle a tendance à souvent tomber en panne (c'est pas un gros souci, il y a des garagistes [Xe May] presque partout sur les routes). Les gens qui ont fait le trip en Minsk en gardent un souvenir ému (un exemple que nous avons entendu :

Wouah, tu te souviens quand on devait boire des litres d'eau pour pisser sur le moteur et le refroidir avant les cotes...)

Sinon, pour les moins téméraires (nous), il y a la Honda « Future » : une 125cc semi automatique) qui grimpe partout. Bon, c'est une motobike, pas une moto, c'est donc vachement moins tendance... mais c'est efficace (nous n'avons eu aucun problème, à part un pneu crevé et pourtant les routes par lesquelles nous sommes passés sont parfois dignes d'un Paris-Dakar !)

Financierement, ca revient au meme : la MINSK est moins chere a la location, mais elle consomme plus d'essence. Avec la Honda, nous en avons eu pour 10$ la journee + 1$ de plein d'essence chaque jour.

Pour les sacs, nous avons eu « l'idée lumineuse du mois » : laisser nos gros sacs à l'hôtel (ça se fait beaucoup à Hanoi) et prendre des sacs IKEA (donc étanches) pour en faire des sacoches que nous avons accrochées aux racks de la moto avec des tendeurs... Une idée de génie!

LA MEILLEURE PERIODE

D'après un professionnel, il y a des pours et des contres à chaque saison : en mai, les rizières sont vertes mais les minorités absentes des marchés puisque les villageois travaillent dans les rizières... et puis il fait humide. En novembre, les rizières sont en friches, il fait sec mais on croise plus de gens... En tout cas, il faut à tout prix éviter la période de juin à septembre parce qu'il pleut souvent (les routes peuvent être dangereuses, il y a des glissements de terrains et des inondations).

NOTRE ITINERAIRE (ça peut toujours vous servir de base).

Pour les distances, les cartes ont tendance à méchamment les sous-estimer : nous les avons donc relevées du compteur.

Hanoi -> Mai Chau : 130 km (4-5 h avec pause déjeuné à Hoa Binh). Route excellente, mais sans charme. A Mai Chau, déception : le village est complètement orienté vers le tourisme, on se croirait presque à Disney Land. Là, on dort chez l'habitant (pas d'eau chaude)

Mai Chau -> Phu Yen : 136 km (4-5 h avec beaucoup de pauses). Route superbe, en bon état (passage du lac en bateau)

Phu Yen -> Nghia Lo : 116 km (4h). De Phu Yen à Tran Phu, bonne route, puis on s'est perdu (là, la route était super mauvaise, en train d'être faite).

Nghia Lo -> Than Uyen : 144 km (5h30 avec beaucoup, beaucoup de pauses). Route magnifique et en bon état

Than Uyen -> Sapa : 110 km (3h30). Routes souvent en bon état, très embrumées (donc mystérieuses). Là, il commencé à faire froid. Sapa est la ville la plus touristique du Nord.

Sapa -> Bac Ha : 110 km (5h). Beaucoup de nids de poule et de camions. La route de montagne vers Bac Ha est magnifique.

Bac Ha-> Ha Giang : 196 km (7h). De Bac Ha à Xin Man (=Sin Man) route très difficile sur 50 km, de Xin Man à Vinh Quang (=Sufi) jolie route, en bon état (hôtel à Vinh Quang), de Vinh Quang à Vinh Ngoc (=Tan Quang) route super belle et en bon état, de Vinh Ngoc à Ha Giang : autoroute (pas belle mais efficace).

Ha Giang -> Meo Vac : 183 km (7h30 avec bcp, bcp de pauses). C'est la plus belle route que nous ayons faite, elle est en bon état. A Meo Vac, le dimanche matin, il y a un énorme marché (avec vente de bétail, de fruits, de légumes, de vêtements... de tout en fait). Pour dormir à Meo Vac, il vous faudra un permis (à prendre à Ha Giang). Il faut se précipiter dans cette région : pour le moment peu de touristes y vont, à cause de cette histoire de permis, mais dès qu'elle sera complètement ouverte, on peut s'attendre à une arrivée massive des tour-operators (comme à Sapa). Pour nous, cette ville restera mémorable aussi pour une cuite monumentale que nous nous sommes pris avec les policiers du coin (qui a dit que les vietnamiens ne tenaient pas l'alcool ?)

Meo Vac-> Bao Lac : 87km (4h). Route super merdique (mais terrible pour les fans de cross : on passe des rivières et tout et tout)

Bao Lac -> Cao Bang : 154 km (6h avec une pause déjeuné). Route chaotique jusqu'à Tinh Tuc, puis route à peu près bonne (mais avec des nids de poule). Apres Nguyen Binh, route splendide

Cao Bang -> Cao Bang : on peut faire une boucle de 203 km à l'est de Bao Lac en une journée. Route bonne et jolie cascade à la frontière chinoise.

Cao Bang -> Lang Son : 143 km (6h), route jolie mais pas très bonne

Lang Son -> Hanoi : 153 km (3h), autoroute, efficace

samedi 15 décembre 2007

UNE PETITE PAUSE SUR LA BAIE D'HALONG ET A HA NOI

Apres ce petit moment de détente passé à Ninh Binh, nous avons décidé de continuer sur notre lancée en séjournant quelques jours sur la mythique baie d'Halong. Ce choix n'a pas été évident à faire, parce que sur les forums de voyageurs, nous n'avions entendu que du mal à propos de la baie : trop de touristes, plein d'arnaques, un site dénaturé tout ca... mais bon, je voyais déjà ma grand-mère nous dire «comment, vous avez été au Vietnam et vous n'avez pas vu la baie d'Halong... mais qu'est-ce que c'est que ça, c'est comme si vous n'aviez pas été au Vietnam ! » (Et dans ma projection, elle ajoutait « Retournez-y immédiatement, je vous offre les billets »... bon, là, je sens bien que je m'emballe un peu!). Bref, nous avons donc décidé d'y aller malgré tout, mais en choisissant la version simple : passer par une agence à qui on paye tout d'avance pour se laisser entrainer parmi les troupeaux de touristes. C'est-à-dire, ne pas avoir à se prendre la tête sur le choix du bus, ne pas s'énerver pour négocier le prix d'une cabine sur la jonque, ne pas avoir à comparer tous les hôtels avant de se décider... les vacances quoi ! Parce que mine de rien, c'est fatiguant de toujours penser à tout organiser!

Nous avons donc opté pour la formule maximum (3 jours, 2 nuits, une sur la jonque, l'autre sur l'ile de Cat Ba, au cœur de la baie). Notre plan était simple : au début, on observe les gens avec qui nous devions partager ces 3 jours, s'ils sont cools, on leur parle ; sinon, on fait comme si on ne parlait pas anglais... parce que les trips touristiques, ça peut vite virer au huis clos. Bref, on était plus que sceptique, mais au final, tout s'est magiquement enchainé : nous n'étions que 8 pendant le trip (le rêve!) avec qui plus est que des jeunes comme nous qui voyagent en Asie pendant plusieurs mois et un couple d' Israéliens un peu plus âgés mais qui ne parlaient pas anglais (je garderai toujours en mémoire la vision du mari, en train de danser sur le pont de la jonque la nuit en écoutant de la musique israélienne avec son Ipod, pendant que sa femme, saoulée, essayait par tous les moyens de communiquer avec nous... pendant ce temps là, nous sirotions une petite bière en échangeant nos souvenirs de voyages et nos bons plans). Le guide a tenté au début de faire quelques blagues vaseuses, mais il a vite constaté que ça ne prenait pas et il s'est détendu pour devenir le guide idéal.

La traversée de la baie, malgré le flot touristique, reste un moment magique pendant lequel le temps semble s'arrêter. La visite des grottes karstiques se fait entourée d'au moins 200 touristes qui parlent forts (toutes les jonques accostent au même moment au même endroit), mais qu'à cela ne tienne, on arrive facilement à faire abstraction. Et puis les villages flottants de pêcheurs sont d'une pure poésie...

Après ce petit moment de volupté, nous devions passer cinq jours à Ha Noi en attendant nos visas pour la Chine. Cinq jours au même endroit, ça signifie pouvoir déballer tout son sac et ranger nos affaires dans une armoire (ça faisait une éternité que ça ne nous était pas arrivé!). Bref, se poser et faire comme si on était à la maison.

Ha Noi est une ville bourrée de charmes. La vieille ville a gardé son identité coloniale (plein de beaux vieux bâtiments cachés derrière les arbres et les nœuds de fils électriques). C'est une zone qui fonctionne par corporation de métiers : à tel endroit, le quartier des vendeurs d'articles religieux ; à tel autre, le quartier des vendeurs de peinture pour bâtiment ; puis le quartier des jouets et ainsi de suite : c'est unique. Par contre, il faut aussi savoir sortir de cette vieille ville parce que la circulation assourdissante peut vite rendre agoraphobe (klaxons incessants, bruits de moteurs, pots d'échappement qui puent et dans tout ça, pas un trottoir où faire une pause). Le marché de Dong Xuan (au nord) par exemple où il n'y a pas un touriste (alors que la vieille ville connait une sérieuse concentration d'occidentaux) est tout bonnement génial, le musée d'ethnologie (à l'ouest) vaut carrément le coup aussi (explications en vietnamiens, français et anglais, décors modernes).

Malgré nos appréhensions, les visas pour la Chine ont été très faciles à obtenir (on commence à avoir l'habitude des galères avec les ambassades et vu les tensions entre la Chine et le Vietnam, on s'attendait à un nouvel épisode ubuesque)... à un détail près : il faut payer en dollars ; et changer des dongs en dollars n'est pas une chose simple : après avoir été trimballés de guichets en guichets à la banque nationale ( « - Nous avons besoin de dollars pour récupérer nos visas chinois... mais non, nous ne pouvons pas vous montrer nos passeports puisqu'ils sont à l'ambassade de Chine... c'est pour ça que nous avons besoin de dollars »… On peut tourner en rond comme ça pendant des heures avec les institutions communistes !). Une employée a fini par nous donner l'adresse d'une «banque» (un magasin qui fait semblant de vendre trois bijoux) qui fait des transactions monétaires au black.

Et puis dans notre hôtel, on a pu chopper le réseau WiFi gratuit, ce qui fait qu'on a pu profiter un bon moment d'internet et préparer tranquillement notre trip dans le nord en motobike

ASTUCES

Si vous aussi vous voulez aller sur la baie d'Halong en passant par une agence, je vous conseille TNK Travel (94 Ma May Street, retenez bien cette adresse parce que dès qu'une agence commence à avoir bonne réputation, des petits malins ont tendance à ouvrir des agences en prenant le même nom alors qu'ils ne proposent pas les mêmes prestations!). Nous avons payé 45 $/pers pour les trois jours (ça comprend tout sauf les boissons), ce qui n'est pas cher puisque les gens qui ont voyagé avec nous et qui sont passés par d'autres agences ont payé plus cher.

Comme je vous l'ai raconté, il est très difficile de se loger à Ha Noi, mieux vaut donc réserver votre hôtel avant votre départ pour éviter de se retrouver à dormir sur un matelas qui pue à même le sol à prix d'or. Je vous recommande l'Hôtel TUNG TRANG, situé dans une ruelle pas très facile à trouver mais au calme (et vu le trafic, c'est un argument à prendre en compte). Il y a des chambres à 13$ (trop petites et sans vraiment de fenêtre), 15 $ (elles sont charmantes) et 20 $ (avec un balcon qui donne sur le jardin du temple en face de l'hôtel). On s'y sent comme à la maison (on prend le petit dej dans la cuisine) et la famille qui s'en occupe est très sympa. Leurs coordonnées : 13 Tam Thuong Alley Way, Hang Bong Street (ça, c'est la rue dans laquelle donne la ruelle), Hoan Kiem District (c'est donc dans la vieille ville). Tel : (00 84 4) 8.286.267 ou 9.287.494 (ils parlent anglais). / E-Mail : tungtranghotel@yahoo.com

ECHAPPEE BELLE A NINH BINH


Après notre court séjour à Ha Noi, à peine le temps de jeter un coup d'œil,

nous partons à Ninh Binh pour une retraite méritée.

Héritage d'une grande dynastie, surtout délestée

d'une masse touristique qui plus que les motos, nous fait suffoquer.

Ninh Binh. Une brume épaisse envahit les quais,

au loin des sons de geckos... le calme retrouvé,

les bruits de klaxons dont on n'entend plus l'écho

et des petites ruelles dans une ambiance décontractée.

Les haut-parleurs se mettent à chanter la propagande du gouvernement,

les affiches communistes constellent la ville telles des ornements

mais le cœur n'y est plus, la faucille et le marteau commencent à rouiller.

Depuis longtemps, les gens par eux-mêmes ont su se débrouiller

l'étoile sur le drapeau n'est plus qu'un symbole

les gens pensent surtout à avoir chaque jour du riz dans leurs bols.

Bref, nous passerons 4 jours ici, on s'y sent déjà bien

et notre intuition ne nous fera pas de tort,

en moto on se perd dans les alentours

de superbes paysages de rizières émaillées de pics karstiques,

de belles images que notre mémoire stocke,

une atmosphère sereine pour éveiller nos instincts artistiques.

Le train a déjà sifflé, nous repartons pour la capitale,

nos visas nous y attendent moyennant un petit pactole.

A travers le wagon sans vitre, l'air doux de la région caresse une dernière fois nos visages béats,

nos voisins d'abord intrigués, nous offrent des fruits l'instant d'après,

des petites attentions dont on ne se lasse pas.


Yves AKA Diez