vendredi 2 novembre 2007

L'INDONESIE SI CA VOUS TENTE

BIEN POUR

Le dépaysement, la nature, la culture

PROBLEME

L'Indonésie compte 13 000 îles dont la moitié sont habitées. C'est un pays immense et il vaut mieux cibler ce qu'on veut faire avant partir sinon on est vite frustrés.

ADMINISTRATIF

- Visa obligatoire qu'on peut obtenir en arrivant en Indonésie (pour un visa de plus d'un mois ça devient plus complexe. Voir notre post "galère de visa pour l'Indonésie" écrit en septembre)

- Régime politique : République, Régime présidentiel. Suharto a été renversé en 98 et depuis la liberté de la presse défend ses droits.

- Economie : la crise monétaire de 98 a mis le pays à genoux alors qu'il était en pleine croissance. On a souvent vu de grands bâtiments modernes complètement abandonnés.

SANTE

- Pas de vaccin obligatoire mais il est recommandé d'être vacciné contre le typhus, les hépatites A et B.

- Le palu est présent partout.

CLIMAT

En septembre il fait très très chaud (j'ai cru plusieurs fois que mes cheveux allaient s'enflammer!), il faut dire que l'Indonésie est à cheval sur l'équateur. Normalement les moussons commencent en octobre (cette année elles avaient un mois de retard et commençaient à peine quand on est partis). La meilleur saison est juin-septembre mais c'est aussi la saison la plus touristique.

MONEY MONEY MONEY

- Monnaie : Roupiah

- taux de change : 1euro=13 000 rupiahs. Alors ici on est très vite millionnaires (dès qu'on tire plus de 100 euros en fait). On peut faire voler les billets dans la chambre d'hôtel, nager dedans... tout ça quoi.

Par contre les ATM sont souvent limités à 1 500 000 rupiahs, il faut donc très souvent retirer de l'argent.

- Logement : ça dépend des îles

Sumatra : de 35 000 Rps à 100 000 Rps (dans les villes)

Bali : de 60 000 Rps à... beaucoup plus cher.

Java : de 50 000 à 100 000 (à Jakarta et près des volcans)

Bouffe : en gros, on peut manger dans la rue pour 5 000 Rps par plat (certains sont vraiment excellents) à plutôt 20 000 Rps dans les petits resto et 50 000 dans les resto plus classes.

TRANSPORT

Nous les avons tous testés, on peut donc dire que nous sommes devenus presque des spécialistes du transport indonésien.

Pour les trajets longues distances, le mieux, c'est le train, mais il n'y en a que sur Sumatra (peu de lignes) et sur Java. Les 1eres classes ont la clim, les 2de non (et de toutes petites fenêtres, on a donc bien chaud mais ça reste confortable), les 3eme classe sont un vrai bordel. Dans chaque classe, des vendeurs ambulants viennent nous proposer toute sorte de choses (eau, bouffe faite sur place, cireurs de chaussures, journaux, porte clefs... tout y passe)

Sinon, le bus, mais c'est pas terrible parce que les routes ne sont pas toujours bonnes, les chauffeurs klaxonnent tout le temps (sur 12h de route, c'est lourd !) et ils tombent souvent en panne.

Sur les trajets petites distances, se méfier de certains minibus de compagnies privées où les chauffeurs touchent des primes s'ils mettent moins de temps que d'habitude pour faire le trajet : ils conduisent vraiment comme des fous furieux et font souvent la course entre eux.

Le minibus local ("OPLET" à Sumatra, "BEMO" à Bali et Java) : c'est le moyen de transport des indonésiens. Le problème, c'est qu'ils font toujours de petites distances (en général, ils rejoignent le marché du coin) du coup, il faut souvent en changer. Ca reste un moyen de transport très sympa.

La moto : le meilleur moyen de transport (on les loue à la journée), qui nous permet d'être libres (pas de contrainte d'horaire ni de trajet). Nous, on adore... On se sent pousser des ailes à chaque fois et dès qu'on se perd on découvre des endroits surprenants... Par contre, c'est casque obligatoire : les indonésiens n'en mettent pratiquement jamais, mais il suffit qu'un touriste se lâche pour qu'un policier lui tombe dessus... l'amende est toujours trop élevée, du coup on glisse un billet dans la poche du policier et on entre dans le circuit de la corruption...

Il faut aussi normalement un permis de conduire international (que nous n'avons pas biensûr !). Bon, nous n'avons jamais été arrêté, mais je crois que nous avons eu beaucoup de chance, surtout à Bali (beaucoup de touristes que nous avons croisé nous ont raconté que ça leur était arrivé)

L'avion : Toutes les compagnies indonésiennes sont black listées... Ceci dit, ce n'est vraiment pas cher et ça permet de gagner un temps monstre ! Nous, on les a pris pour aller d'île en île. Par contre, je déconseille ADAMAIR qui nous a annulé un vol 3 jours avant le départ... c'est très énervant, surtout quand on a une correspondance derrière.

Le ferry : Bah, c'est un ferry quoi... Ca va pas très vite et ça tangue

Ha oui, j'oubliais : tous ces moyens de transport (à part l'avion) arrivent toujours en retard (c'est l'Asie quoi!)

NIGHT LIFE

Pas vraiment, sauf à Jakarta et à Kuta (Bali). Ici, mieux vaut ne pas se coucher trop tard (de toute façon, il n'y a rien à faire) et se lever tôt, avant qu'il ne fasse trop chaud et avant que les touristes ne se lèvent.

LANGUE

Le bahasa indonesia est la langue officielle depuis 1945. En fait, c'est du malais qui a évolué un peu différemment. Si vous voulez connaître quelques mots, voir le post "la Malaisie si ca vous tente" écrit en septembre. (Pour bien négocier, c'est plus efficace si on apprend à compter en bahassa.)

Anglais : pas partout, mais dans l'ensemble ça va.

TECHNIQUE

- Internet : Dans les grosses villes seulement et dans les lieux très touristiques. La connexion est souvent lente sauf quand le cyber café est collé à une poste !

- Gravage de CD et DVD : c'est rare

- Prises électriques : les mêmes qu'en France, donc pas besoin d'adaptateur.



LES PHOTOS DE SUMATRA

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LES PHOTOS DE BALI

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LES PHOTOS DES ILES GILLI

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LES PHOTOS DE JAVA

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L'INDONESIE EN QUELQUES MOTS


L'Indonésie est un pays absolument immense, nous ne nous en étions pas vraiment rendus compte avant de partir. Du coup ce n'est pas un pays vraiment unifié et beaucoup de régions ont des désirs d'indépendance : le Timor Oriental a réussi à l'obtenir (en 99) et des régions comme Aceh (Nord-Ouest de Sumatra) protestent. En gros, le problème c'est que le gouvernement se concentre surtout sur le développement de Java et en oublie un peu les autres îles, alors que les habitants payent autant "d'impôts". A Aceh ça craignait il y a quelques années, il y avait un vrai conflit armé entre les mouvements séparatistes et les forces gouvernementales, mais avec le Tsunami qui a bien ravagé la région de Banda Aceh (le Tsunami est parti de là) le gouvernement a réinjecté des fonds dans le développement de l'île et un cessez-le-feu a été signé. Mais on peut sûrement s'attendre à ce que les tensions repartent dès que la région se sera relevée si le gouvernement l'oublie à nouveau. De même, si le gouvernement continue à favoriser Java, on peut s'attendre à ce que d'autres régions se soulèvent.

A travers les 3 îles que nous avons faites, on a pu se rendre compte à quel point chacune est différente. Tout d'abord si le Bahasa Indonesia est la langue officielle, chaque île, voir chaque région dans les iles continue à parler sa langue locale. Sur place rien ne fait plus plaisir aux indonésiens que des touristes qui parlent le dialecte local.

Par ailleurs, chaque île a vraiment une ambiance particulière et on a souvent eu droit à des "ici c'est mieux que la-bas". Bambang à Sumatra nous a dit que sur les autres îles "ils ne pensent qu'à l'argent" tandis qu'un jeune à Bali nous disait que sur les autres îles "les gens ne sont pas aussi sensibles". Bref pour résumer il n'y a pas vraiment de sentiment national en Indonésie. Ceci dit en voyageant, on s'est quand même rendu compte qu'il y avait des similitudes sur quelques points :

RELIGION

A Sumatra on a rencontré des lycéens qui nous ont dit, comme une leçon apprise par cœur, que l'Indonésie est un pays de tolérance parce qu'ici toutes les religions sont traitées à égalité. Et bien c'est vrai, et c'est la première fois que nous avons vu ça à cette échelle. Il y a 87% de musulmans (ce qui fait de l'Indonésie le premier pays musulman au monde en terme de population). C'est un Islam modéré, avec autant de femmes voilées (et avec toutes sortes de voiles) que de femmes têtes nues. Mais comme beaucoup de pays pauvres, l'islamisme séduit quand même et des mouvements intégristes comme la Jemaah Islamiyah parviennent à recruter parait-il... C'est aussi le pays où se trouve le plus grand monument bouddhiste au monde : BOROBUDUR (à Java). On trouve aussi beaucoup de chrétiens (plutôt des protestants puisque l'Indonésie a été une colonie hollandaise puis britannique). Enfin, les hindous, en particulier à Bali (qui est une île majoritairement hindoue avec des castes et tout, mais un hindouisme franchement animiste où la religion sert plutôt à conjurer le sort qu'à "élever l'âme"). Ici chacun est fier de son appartenance religieuse et tout le monde respecte les croyances de chacun. Pour exemple : c'était le Ramadhan pendant que nous étions là-bas, les personnes qui ne sont pas musulmanes mangeaient discrètement le midi par respect pour les musulmans et pour ne pas leur donner envie de rompre leur jeune. Moi je trouve ça vraiment fort.

Ce qui est plutôt mal perçu par contre c'est l'athéisme... On a senti qu'on avait mis mal à l'aise plusieurs personnes quand on disait que nous n'avions pas de religion.

CORRUPTION

Ca, c'est le grand mal de beaucoup de pays asiatiques et l'Indonésie ne fait pas exception, quelque soit l'ile où on se trouve. Un récent bilan annonçait que sur 179 pays, l'Indonésie occupait la 143ème place (en 1 le pays pas du tout touché par la corruption). Ce qui est scandaleux ici, c'est que la corruption est devenue une telle banalité qu'elle est descendue jusque dans les populations civiles. Bambang (propriétaire d'une guest house à Sumatra - un homme exceptionnel) nous disait que toutes les nuits les flics venaient racketter dans sa guest. De même à Bali où ils ne se cachent même plus et viennent voir les patrons des guest houses en pleine journée. Ici, un policier est un homme détesté parce que tout le monde sait que c'est une crapule. Si sa maison brûle, personne ne lui portera secours nous a-t-on dit. Passe encore si les personnes rackettées étaient petées de tunes mais ce sont des gens modestes voir carrément pauvres qui paient. Moi ça me fout les nerfs en pelote.

ARGENT

Alors là, vaste question. Ici, tout, absolument tout, se négocie et pour tout le monde. Je n'avais jamais vu ça à ce niveau. Dans les bus, personne ne paie le même prix par exemple. Le seul tarif fixe, c'est le prix de l'essence. Je pense même qu'au bout du compte, personne ne connait le prix coûtant. Moi ça me gène un peu de marchander, parce qu'après tout, ça ne fait qu'une différence de quelques euros pour nous tandis que ça fait une différence de plusieurs milliers de roupiah pour eux... et nous sommes vraiment beaucoup plus riches que la plupart d'entre eux. Mais ici, le marchandage est un véritable art de vivre et qui ne le fait pas passe vraiment pour un con (ou pour une vache à lait, ça dépend du point de vue). Au bout d'une semaine on commence à avoir en tête le prix (approximatif) des choses et on peut faire baisser les prix d'une manière raisonnable.

Sinon, et encore une fois c'est vrai partout, les indonésiens sont les rois de la débrouille et ici tout se paie, même les petits services rendus ce qui bizarrement n’induit pas que les rapports entre les gens soient mois sincères.

POLLUTION

Bon, juste un petit mot pour dire qu'ici on est loin, très loin, du pot catalytique et autres soucis écologiques. Les indonésiens en sont encore à jeter les papiers de bonbon par la fenêtre pour ne pas encombrer la voiture... Je ne sais pas comment on va faire pour promotionner le développement durable dans ce pays mais c'est pas gagné.

GILI TRAWANGAN ET SURTOUT JAVA


Ouh la la, ça fait une éternité que nous n'avons rien écrit et du coup j'ai peur que nos souvenirs ne s'effacent peu à peu. Je vais donc tenter de retracer (autant que faire ce peu) ce que nous avons fait pendant ces 3 dernières semaines.

Alors, après Bali, cap sur les petites îles Gili sur la grande île voisine : Lombok. Il y en a trois, nous avons choisi d'aller sur la plus animée : Gili Trawangan. Ces îles sont surtout réputées pour leurs sites de plongée exceptionnels : les coraux sont magnifiques, dans les tons bleu pastel et violet qui flashent, toute sorte de gros poissons et surtout des tortues à profusion (tellement que Yves a failli marcher sur une pauvre tortue quand il mettait son masque... alors tu vois Mélanie, si tu veux nager avec des tortues, c'est ici qu'il faut venir !!!). Il y a des centres de plongée pas trop chers, mais rien qu'en snorkelling, on peut se faire super plaisir.

Bon voila, ceci dit, je commence à en avoir un peu marre des îles, c'est toujours le même scénario : que des touristes européens (même si à Gili Trawangan, il y a aussi un village mais les touristes ne se mélangent pas avec les habitants) et puis c'est souvent la même ambiance : une atmosphère cool, du Bob Marley en fond sonore dans les bars, des super-productions tous les soirs sur des écrans géants en plein air... c'est parfait pour les vacances mais nous recherchons autre chose.

Sinon, nous sommes tombés malades aux Gili, Yves a eu une énorme fièvre pendant deux jours et j'ai choppé un bon gros rhume qui m'a clouée au lit. Tomber malade quand on est dans une île, ça donne qu'on est mort d'inquiétude : est-ce que c'est le palu ? est-ce qu'il faut se faire rapatrier ? est-ce que c'est la fin de notre tour du monde ? ça prend des proportions considérables. Et puis finalement, au bout de deux jours c'était passé... Pas de quoi fouetter un chat quoi.

Ensuite, direction Java, que nous avons traversé d'Est en Ouest. On avait presque oublié à quel point les indonésiens sont des gens ouverts, désintéressés, dans le partage d'expériences. Whoa ça fait du bien, on se sent moins touristes d'un coup !

Dans l'Est de Java, ce sont surtout les volcans qui sont à couper le souffle : le Kawah Ijen avec au sommet un lac turquoise et des sources de souffre (là, j'ai juste cru qu'on allait mourir, parce que les sources de souffre sont carrément nocives et font suffoquer. Yves est descendu jusqu'en bas -à la source de la source- il a été pris dans une bourrasque de souffre quand le vent a tourné... il a dû s'allonger par terre pour pouvoir respirer l'air un peu plus sain... j'ai juste cru que j'allais le perdre).

Le lendemain, en route pour le volcan Bromo : comme d'hab’, 12 heures de route et 6 changements de moyens de transport pour faire quelques centaines de kilomètres… On a fini par monter au pied du volcan en OJEK (mototaxi) avec nos gros sacs (15 et 20 kilo quand même). Nos chauffeurs étaient bien excités, à se pencher comme des dingues dans les virages de la route en lacet... avec les sacs qui nous projetaient en arrière dans une montée de 20 km.... Et là, pour la deuxième fois en deux jours, j'ai cru qu'on allait mourir... On se sent bien vivants après ça... (ça me donne d’ailleurs l'idée de faire un top 10 des fois où on a cru mourir, j'ai déjà 4-5 épisodes en tête, alors dès qu'on arrive à 10, je vous fait un topo).

Le lendemain, réveil à 3 heures du mat pour voir le levé du soleil sur le volcan Bromo. Là, ça été une journée qui restera longtemps gravée dans nos mémoires : d'abord, on a démarché un couple de hollandais pour partager la jeep qui devait nous emmener au sommet... déjà le levé du soleil était juste hallucinant ; ensuite quand on a dit au couple qu'on faisait un tour du monde, ils ont trouvé ça tellement génial qu'ils n'ont pas voulu que l'on paye notre part de la jeep. 9h, retour à la guest house. On ne savait pas trop comment faire pour redescendre vers la ville la plus proche, parce que bon, l'expérience de l'OJEK, même si c'est surement plus facile en descente, ça ne nous tentait pas des masses.... Bon, on se pose pour réfléchir, Yves allume une cigarette locale au KRETEK (clou de girofle) face à deux indonésiens… et là, coup du hasard, ces deux hommes étaient des représentants marketing de cette marque de clope (Filo Mild). Bon, ça rigole tout ça tout ça et là, quatrième bon plan de la journée (il n'est que 9h30 !) ils vont avec leur camion de livraison dans la ville où on voulait se rendre !!!! Et hop, ils nous embarquent, nous offrent des tee-shirts Filo Mild (depuis nous sommes devenus des panneaux publicitaires ambulants), on papote, on croise leurs potes, on fait des photos tous ensemble bras dessus bras dessous, on s'échange les adresses... Un grand moment.

Ensuite, nous arrivons à MALANG, que l'on pensait être une ville-étape sans charme...et bien pas du tout. C'est une ville absolument charmante dans laquelle c'est un plaisir de se balader... Wouhou, des journées comme ça, où tout s'enchaine super bien alors qu'on n'a rien prévu, j'en reveut encore et encore.

Puis direction SOLO, deuxième foyer culturel de Java après Yogyakarta (très peu de touristes, peu de choses à faire, juste prendre l'air du temps). Balade en vélo pour visiter les fabriques de BATIKS (tissus peints), de fabrication de gamelan (instruments de musique), tout ça tout ça...très cool.

Et enfin, YOGYAKARTA, où on retrouve un rythme de vie plus effréné, pas mal de touristes et beaucoup de spectacles à voir le soir (théâtre d'ombres, spectacle de danse moderne, représentation du RAMAYANA, tout ça...)

Whou, ça fait du bien après Bali de retrouver des rapports sains avec les indonésiens et puis à Java y'en a pour tous les goûts, on peut faire des trips nature comme des sorties culturelles.